Rencontres autour du livre imprimé

Dans le but de partager avec le public la recherche, la démarche et les réalisations du projet depuis sa formation, Judith Poirier et Angela Grauerholz préparent une série d’activités portant sur le livre contemporain et la démarche de designer-auteur. Dans un contexte d’exposition et de foire du livre, La chose imprimée propose des conférences, des rencontres, des discussions et un atelier de création. Cet événement, qui se tiendra du mercredi 22 janvier au samedi 25 janvier 2014 au Centre de design de l’UQAM, est l’occasion de réunir divers acteurs du milieu de l’édition dont la perspective nous intéresse ou que nous avons rencontrés au cours de notre démarche. Ils seront invités à réfléchir au livre imprimé actuel autant en ce qui concerne sa création que sa distribution (voir la programmation ici). Julien Hébert, assistant de recherche, travaille intensivement sur le design du matériel de promotion et d’exposition de l’événement.

Il s’agit pour nous d’une opportunité d’exposer les travaux en cours de La chose imprimée. Tous les projets ne sont pas terminés, celui sur la lisibilité, l’espace du livre ainsi que le catalogue de spécimens de notre fonte modulaire devant se poursuivre cet hiver, mais nous aurons le plaisir de lancer, lors de la soirée d’inauguration du 22 janvier, le livre Résidus visuels, qui est l’aboutissement du projet thématique sur la tactilité et les matériaux. En parallèle aura lieu le vernissage de l’exposition où, en plus de la situation actuelle de la recherche-création à La chose imprimée, on pourra voir des maquettes de livres réalisées dans les dernières années par des étudiants de l’École de design et une sélection d’œuvres phares en design du livre. Pour cette rétrospective, Angela Grauerholz, assistée par Catherine Légaré, prépare présentement une frise chronologique montrant l’évolution du concept de designer-auteur. Nous avons aussi convié la librairie Format, la librairie du CCA et New Distribution House à présenter leur collection de publications dans la salle le temps de l’exposition. C’est Claudia Eve Beauchesne, critique d’art contemporain et commissaire indépendante, qui coordonne cette foire du livre en art et en design qui se poursuivra jusqu’au 25 janvier.

Le lendemain, le jeudi 23 janvier, Judith Poirier organise un atelier de création dans lequel ses 24 étudiants du cours Typographisme : illustration seront invités à réaliser un projet de livre collectif utilisant la fonte modulaire fraîchement coupée et la presse typographique Vandercook. L’ouvrage portera sur le thème de l’hiver et « l’état de déséquilibre », traduction de l’expression inuktitut « nangiarnik ». Cette idée de perte d’équilibre impliquée par l’absence de repères dans le paysage arctique devra être incarnée formellement dans une grille modulaire verticale et horizontale. L’atelier débutera par un cours d’introduction à l’écriture inuktitut qui sera donné par notre collaborateur Georges Filotas pour faciliter l’usage des caractères syllabiques. Les résultats de l’atelier seront exposés le 25 janvier au Centre de design. Une deuxième étape du projet est prévue en février avec un groupe d’étudiants du programme « Procédés infographiques » au centre Nunavimmi Pihiursavik à Inukjuak, qui exploreront notre police en formant des mots en inuktitut avec la même grille modulaire.

Pour la journée d’étude du 24 janvier, nous avions invité des designers de réputation internationale dont l’approche avait nourri notre réflexion, notamment Irma Boom, Sarah de Bondt, Christien Meindertsma, Markus Dreßen et Ellen Lupton, qui sont aussi enseignants, éditeurs ou commissaires. Tous se sont montrés intéressés à participer à l’événement mais n’ont pu, pour diverses raisons, y être présents. Nous avons ainsi privilégié les milieux d’édition locaux pour cette journée de discussions qui se déroulera entièrement en français. Nous avons rassemblé des intervenants actifs dans le domaine du livre artistique à Montréal et à Toronto parmi lesquels on compte designers, professeurs, libraires, distributeurs et responsables de collection pour échanger sur l’édition contemporaine. Sous forme de tables rondes et de conférences, l’événement offrira l’occasion d’aborder la question de l’implication du designer dans le livre, notamment dans une démarche d’expérimentation, et de discuter du rôle de l’éducation et de la diffusion. Cette journée d’étude s’annonce des plus stimulantes, et la liste des réservations en témoigne. Elle servira potentiellement de tremplin pour un futur colloque d’envergure internationale lors d’une seconde phase de La chose imprimée.

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