Archives mensuelles : janvier 2018

Latitude : démarrage du livre de spécimens

 

Après un an et demi de pause, le projet de police modulaire est de nouveau sur les rails. Cette période a permis de trouver le financement et de rassembler une équipe interdisciplinaire composée de Christophe Mauro (linguistique), Camille Ouellet-Morissette (design graphique) et Patrice Viau (études littéraires). Entretemps, la police a été numérisée par le dessinateur de caractères Étienne Aubert Bonn, ce qui facilitera le travail pour les esquisses à venir. Cette version numérique comprend les signes en trois tailles (12, 20 et 28 pica), incluant une variante aux pièces numérotées et une version avec les 85 morceaux individuels. Pour s’arrimer à la composition sur presse, l’interlignage est déterminé en 12 pica et les espacements ont été calculés en fonction des fournitures de bois et de plomb.

Étienne, cofondateur de la fonderie typographique Coppers and Brasses, a déjà de l’expérience avec le syllabaire inuktitut. En 2013, il avait conçu la police Nurraq pour son projet de maîtrise à la KABK’s Type and Media, aux Pays-Bas. De plus, il vient de terminer, pour la Commission scolaire Kativik, Ilisarniq, une police de caractères en cinq graisses créée afin de faciliter l’apprentissage de l’inuktitut aux élèves du Nunavik.

À l’automne 2017, l’équipe a tenu plusieurs rencontres afin de faire connaissance et mettre ses ressources en commun. Les échanges ont permis d’améliorer leur compréhension de la culture inuite, notamment sur l’inuktitut et la perspective inuite du langage. En plus de rassembler de la documentation et divers outils linguistiques, certains ont entrepris des cours d’inuktitut offerts à l’Institut Avataq par Georges Filotas.

Cette immersion dans la culture et la langue inuite vise à produire un livre de spécimens avec la police Latitude. Après avoir envisagé divers concepts quant au contenu, l’équipe a décidé de revenir à l’intention originale, soit de chercher des mots en anglais, en français ou en inuktitut qui se sont transmis et métamorphosés d’une langue à une autre. Elle désire aussi explorer les possibilités de l’anagramme pour ajouter une perspective ludique à l’ouvrage qui en découlera. Inspirée par le glossaire situé à la fin du Sanaaq, premier roman inuit écrit par Mitiarjuk Nappaaluk, l’équipe élabore actuellement son propre lexique trilingue afin de nourrir cet atlas de mots.